L’histoire de Sainte-Marie

Ouendake : la terre séparée

L’histoire de Sainte-Marie-au-pays-des-Hurons a débuté il y a près de 400 ans. Ouendake (la « terre séparée ») a été le berceau de la nation huronne-ouendate, rameau de la famille iroquoienne. Les Ouendats constituaient une société matriarcale, composée de bons commerçants et d'habiles agriculteurs.

Suivant la voie ouverte par l’explorateur français Samuel de Champlain, les jésuites français arrivent en Ouendake au XVIIe siècle. Ordre international, les jésuites fonctionnaient à la manière d'une armée, vouée à la propagation du catholicisme à travers le monde. Ils étaient convaincus que, pour qu’une personne se convertisse au christianisme, il fallait d'abord l'instruire.

Les jésuites s'installent en Ouendake. Allant de village en village, ils s’initient à la langue et aux coutumes ouendates, tout en prêchant les Autochtones. Leur supérieur, le père Jérôme Lalemant, rêve d’ériger « une demeure séparée, isolée des autres villages, qui servirait, entre autres, à la retraite et à la méditation pour nos travailleurs évangéliques ».

La construction de la mission

De courageux laïques viennent de France pour ériger en 1639 sur la berge de la rivière Isaraqui (Wye) une mission qui prend le nom de Sainte-Marie-au-pays-des-Hurons; le terme « Hurons » désignait les Ouendats en français.

À force de dur labeur et de dévouement, Sainte-Marie devient quasiment autonome, une réalisation impressionnante compte tenu de l’isolement de l’établissement, situé à 1 200 km de Québec. Il ne dure que dix ans.

Au XVIIe siècle, le Canada que nous connaissons aujourd'hui était la Nouvelle-France, et la plupart de ses quelques centaines d'habitants vivaient le long du fleuve Saint Laurent. Leur subsistance était tributaire de la pêche, des fourrures et d'une agriculture naissante. Nous connaissons l’histoire de Sainte-Marie-au-pays-des-Hurons grâce aux rapports annuels (appelés « Relations des jésuites ») rédigés par le supérieur de Sainte-Marie, qui les expédiait en France via Québec.

L’abandon de la mission

Le rapport rédigé par le père Paul Ragueneau nous relate les péripéties qui finissent par mener, avec quels déchirements, à l'abandon de Sainte-Marie-au-pays-des-Hurons.

Au printemps 1649, les attaques des Iroquois s’intensifient. Ce harcèlement croissant pousse les missionnaires jésuites, leurs auxiliaires et leurs disciples ouendats à évacuer Sainte-Marie et à y mettre le feu. Ils s'embarquent pour l'île Saint-Joseph (aujourd'hui l'île Christian), où ils s’attachent à fonder une nouvelle mission Sainte-Marie. Après un hiver de famine et talonnés par d'incessantes attaques, les Français et les Ouendats chrétiens prennent le chemin de Québec.

Les Hurons s'installent à l'île d'Orléans, où leur communauté est de nouveau attaquée par les Iroquois. Les Ouendats survivants s’établissent à Québec et, en 1697, se regroupent à l’Ancienne-Lorette, où ils commencent à implanter leur culture huronne et une nation connue sous les noms de Loretteville ou Ouendake. Aujourd’hui, ce lieu continue d’accueillir l’une des plus grandes communautés huronnes-ouendates au Canada. À Sainte-Marie-au-pays-des-Hurons, en Ontario, la sépulture des prêtres martyrs Brébeuf et Lalemant est un haut lieu de pèlerinage pour les chrétiens.

Les ruines de Sainte-Marie tombent dans l’oubli pendant près de trois siècles. Des recherches historiques et des fouilles archéologiques par la suite ont révélé de l’information qui a permis de reconstruire la plupart des édifices originaux de la mission que l’on voit ici aujourd’hui.